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    Thomas Fantini élu président du Medef Haute-Garonne

    Crédit photo : Pierre Borthiry - Studio Marius

    « Je veux un Medef Haute-Garonne de combat, utile aux entreprises et au territoire »

    Récemment élu président du Medef Haute-Garonne, Thomas succède à Pierre-Olivier Nau dans un esprit de continuité, mais avec une méthode qui lui est propre. Entrepreneur de la Maison Pergo, engagé depuis plusieurs années au sein du mouvement patronal, il veut faire du Medef Haute-Garonne un outil de combat, d’influence et de services au plus près des entreprises, de Toulouse Métropole jusqu’aux territoires ruraux du département.

    Vous venez de succéder à Pierre-Olivier Nau à la présidence du Medef Haute-Garonne. Qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre cette responsabilité aujourd’hui ?

    Cela s’inscrit d’abord dans un parcours. Depuis mon arrivée au Medef Haute-Garonne, j’ai siégé pendant 6 ans au sein du Bureau en tant que vice-président. C’est une expérience qui permet d’entrer davantage dans les dossiers, de comprendre les enjeux du territoire et de se sentir réellement utile. On travaille pour sa métropole, pour son département, sur des sujets très concrets. Cela donne du sens à l’engagement. Les deux mandats de Pierre-Olivier Nau ont été très positifs pour notre syndicat patronal, de belles fondations ont été posées. À mes yeux, elles méritent d’être poursuivies. Il y a donc une vraie logique de continuité, même si chaque résident apporte naturellement sa personnalité, sa méthode et ses priorités.

    Les dernières années m’ont aussi prouvé que le Medef Haute-Garonne était un outil utile pour les entreprises, les entrepreneurs et même pour le territoire. C’est une organisation qui doit être forte, parce qu’elle a un rôle, important à jouer. Cette utilité compte énormément pour moi.

    Pourquoi avez-vous choisi de vous engager au Medef Haute-Garonne au départ ?

    J’ai adhéré au Medef Haute-Garonne parce que j’avais envie d’être actif sur des sujets qui me tenaient à cœur. Le premier a été l’attractivité par le sport. C’est un thème qui mêle l’image du territoire, son rayonnement, sa capacité, à fédérer et à créer de la dynamique. Le deuxième sujet a été l’apprentissage, un engagement qui reste très fort pour moi aujourd’hui. À l’époque, Pierre- Olivier Nau m’a donné la possibilité de travailler sur ces thématiques, puis m’a proposé d’entrer au Bureau comme vice-président. Ces sujets resteront des axes importants de nos travaux dans les prochains mois.

    Dans quel état d’esprit abordez-vous cette future mandature ?

    Je l’aborde avec beaucoup d’humilité et de responsabilité. Le Medef Haute-Garonne est une organisation interprofessionnelle importante, qui rassemble des femmes et des hommes engagés, des dirigeants, des fédérations professionnelles, des mandataires, des responsables de commission, des associations, mais aussi une équipe permanente qui fait vivre notre action au quotidien. Être élu à la présidence du Medef Haute-Garonne, ce n’est pas seulement occuper une fonction. C’est accepter de servir un collectif, un territoire et une cause : celle de l’entreprise. J’y vais avec un état d’esprit fédérateur. Le rôle d’un président n’est pas de porter seul toutes les réponses, mais de faire émerger les énergies, de donner un cap, de créer les conditions pour que chacun puisse contribuer. Dans une période économique exigeante, le Medef Haute-Garonne doit être offensif, utile, influent, concret, lisible et présent. Il doit défendre les entreprises et l’ensemble des acteurs associés, et aussi rappeler que l’activité économique reste l’un des moteurs essentiels du territoire, celle qui permet la croissance.

    Quelles seront les grandes lignes directrices de votre présidence ?

    La première ligne directrice sera la défense des entreprises, des entrepreneurs, des collaborateurs et du territoire. Nous sommes dans une période économique complexe suite à une succession de crises, impliquant de nombreux sujets à traiter : la compétitivité, l’emploi, la formation, l’attractivité, la transition écologique, les mutations sociales ou encore l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers. Dans ce contexte, le Medef Haute-Garonne devra être présent, solide et parfois combatif. Je suis un homme de combat, mais ce combat doit toujours être utile. Il ne s’agit pas de s’opposer par principe, mais de défendre ce qui permet à l’économie locale de tenir, de se transformer et de créer de la valeur. Une entreprise qui se développe, ce sont des emplois créés, des compétences formées, des collaborateurs embarqués, des territoires qui vivent et des projets qui se concrétisent. Je m’appuierai sur les fondations posées lors des mandats précédents. De très belles actions ont été réalisées sous la présidence de Pierre-Olivier Nau. Mais chaque personnalité a sa façon de faire. La mienne sera peut-être différente, mon leitmotiv sera de défendre fortement les entreprises et l’attractivité de notre département. En effet, ce territoire ne se résume pas uniquement à la métropole toulousaine, même si elle est évidemment essentielle. La Haute-Garonne, c’est aussi tout un département, jusqu’aux Pyrénées, avec des zones rurales qui rencontrent elles aussi des difficultés. Il ne faudra pas les oublier. Le Medef Haute-Garonne doit être présent partout où l’activité économique, le dynamisme entrepreneurial et la création d’emplois sont des enjeux structurants.

    Le service aux adhérents sera-t-il l’un des axes forts de votre mandat ?

    Oui, clairement. Les adhérents attendent du Medef qu’il soit à leur écoute, qu’il réponde à leurs demandes et qu’il puisse les accompagner face à leurs problématiques. Le service aux adhérents sera donc une priorité importante. Depuis l’officialisation de ma candidature, je rencontre les membres du conseil d’administration, du Bureau et de nombreux adhérents pour recueillir leurs attentes et besoins. Cette étape est essentielle. Elle permet de construire une feuille de route à partir du terrain, en identifiant nos succès, nos manques, ce qui doit être renforcé et ce qui peut être amélioré. Il existe déjà une offre de services importante, notamment sur le juridique, les ressources humaines, la mise en relation, l’événementiel ou la communication. Il faut aussi regarder les nouveaux besoins. Sur les questions sociales, par exemple, il y a de vraies évolutions, des changements de mentalité, de nouveaux rapports au travail. Il y a sans doute un rôle à jouer pour éclairer les entreprises sur ces sujets. Nous avons aussi une multitude de mandats patronaux qui sont parfois trop peu connus. Ils peuvent pourtant nous éclairer sur beaucoup de sujets et apporter de la valeur aux adhérents. Il faudra mieux les mettre en avant, mieux valoriser les mandataires et mieux expliquer leur rôle.

    Vous évoquez souvent l’apprentissage. Pourquoi ce sujet est-il aussi central pour vous ?

    Parce que l’apprentissage est un sujet d’avenir. Ce sera un combat fort que je souhaite continuer à porter. L’apprentissage permet de former aux métiers de demain, de répondre aux besoins concrets des entreprises et d’ouvrir des perspectives à des jeunes qui veulent apprendre un métier, acquérir un savoir-faire et entrer rapidement dans la vie professionnelle. C’est aussi un outil d’inclusion, de transmission et de dignité par le travail. Après une forte dynamique lors du premier mandat d’Emmanuel Macron, nous sommes aujourd’hui dans une forme de marche arrière. Or, avec l’émergence de l’intelligence artificielle, les métiers techniques vont devenir prioritaires. Il faut préparer ces métiers, former les jeunes, valoriser les savoir-faire et donner toute leur place aux filières professionnelles. Dévaloriser l’apprentissage serait une erreur majeure. C’est même, à mes yeux, une insulte à l’avenir. Il faudra donc interpeller les responsables politiques pour que l’apprentissage retrouve toute sa place et soit considéré à sa juste valeur. En Haute-Garonne, nous avons des outils, des acteurs et des compétences. Je pense notamment à la CFA Toulouse-Blagnac, qui joue un rôle important dans la formation et la préparation des compétences dont les entreprises auront besoin demain. Ce combat devra être mené collectivement, avec les fédérations professionnelles. L’UIMM, la FFB, la FEP CSO et l’ensemble des organisations professionnelles disposant d’un CFA qui sont directement concernés. Il faudra se fédérer pour défendre l’apprentissage, rappeler son importance pour l’économie de demain et montrer qu’il constitue un levier essentiel de dynamisme, d’orientation, de compétences et de création d’emplois.

    Quelle place souhaitez-vous donner à l’équipe qui vous entourera ?

    Je souhaite donner une place forte aux membres du Bureau et du conseil d’administration, à partir du moment où ils ont envie de s’investir et la disponibilité pour le faire. Il ne faut jamais oublier qu’il s’agit d’un engagement bénévole, qui demande déjà beaucoup de temps et d’énergie. Cet engagement est précieux, parce qu’il permet au Medef Haute-Garonne de rester connecté aux réalités du terrain. Je veux aussi souligner le rôle essentiel de l’équipe permanente du Medef Haute-Garonne animée par Boris Restier, son délégué général. Une organisation patronale ne repose pas uniquement sur son président ou sur ses administrateurs. Elle vit aussi grâce à une équipe qui accompagne les adhérents, organise les événements, suit les dossiers, anime les commissions, assure le lien avec les entreprises, s’impose dans l’actualité économique et médiatique. Les permanents sont un maillon indispensable de notre action collective. Nous avons la chance d’avoir un bureau, un conseil d’administration, des commissions, des organisations professionnelles, un Comex40, un réseau des Femmes du Medef, des mandataires et des permanents avec des compétences très solides. On doit aujourd’hui mieux les mobiliser, mieux les associer et mieux valoriser leur contribution. Chacun peut apporter une vraie plus-value à la stratégie du Medef Haute-Garonne et à ses prises de position. L’idée est simple : les personnes les plus légitimes pour parler d’un sujet sont souvent celles qui le vivent au quotidien. Les permanents, eux, ont aussi une connaissance fine des adhérents, des attentes du terrain et du fonctionnement de l’organisation. Il faut utiliser toutes ces expertises. Je souhaite également donner une place forte au Comex40, aux Femmes du Medef, aux commissions et aux différentes composantes du Medef 31. Le Comex40 est une force de régénération. Il rassemble des profils actifs, engagés, souvent positionnés sur de nouveaux métiers. C’est aussi là que se prépare une partie de l’avenir. Le réseau Femmes du Medef permet de valoriser les parcours féminins et de favoriser la place des entrepreneuses dans les instances de décision. Nous devons inciter les dirigeantes à s’engager davantage dans nos mandats. Nos mandataires doivent être un pilier central de notre organisation, nous devons mieux les recruter, les former et les animer. Il est nécessaire de les rendre plus accessibles pour mieux accompagner nos adhérents sur les problématiques qu’ils peuvent rencontrer.

    Vous souhaitez également faire du Medef Haute-Garonne une force de proposition sur l’avenir de Toulouse. Comment ?

    Je pense que le Medef Haute-Garonne doit être une force de proposition sur la construction de Toulouse à l’horizon 2050. La métropole a un potentiel immense. Toulouse est une ville qui peut être encore plus puissante et attractive, à condition de penser son avenir dans le temps long. La méthode doit être fondée sur l’écoute, la recherche de solutions et la construction durable. C’est ce que nous avons commencé à faire lors des dernières échéances municipales, en formulant des propositions économiques à destination des candidats. Il faut poursuivre cette logique.

    Le monde économique doit être pleinement pris en compte dans l’aménagement du territoire, dans les décisions structurantes, dans les choix qui engagent l’avenir. Les entreprises contribuent fortement à la vitalité du territoire. Elles doivent donc avoir une place dans les débats publics.

    Quel message souhaitez-vous adresser aux chefs d’entreprise de Haute-Garonne ?

    Je veux leur dire que le Medef Haute- Garonne continuera à défendre leur voix. Les entrepreneurs ont des choses à dire sur de nombreux sujets. Ils doivent être entendus, considérés à leur juste valeur et associés aux décisions qui engagent l’avenir du territoire. Il est primordial que les responsables politiques comprennent que le monde économique est une priorité dans la construction du territoire. Les entreprises créent de l’emploi, forment leurs salariés, financent une partie importante de la vie collective et participent à l’attractivité de la Haute-Garonne. Elles sont au cœur du dynamisme économique local. Elles doivent donc peser dans les débats et les décisions. Je veux aussi rappeler que le Medef ne représente pas uniquement les grandes entreprises. Il y a de nombreuses TPE, PME, des commerçants, des entrepreneurs de proximité, des secteurs parfois en difficulté. Nous représentons également des collaborateurs qui font vivre chaque jour nos entreprises. Je me battrai aussi pour eux. L’objectif est d’avoir un Medef offensif, utile et influent, capable de défendre toutes les entreprises et de faire en sorte que le monde économique soit plus fort. Défendre l’entreprise, ce n’est pas seulement défendre des dirigeants. C’est défendre un écosystème complet : des entrepreneurs, des salariés, des compétences, des investissements, des emplois et des territoires. C’est cette ligne que je souhaite porter.